Le 14 juin, les citoyennes et citoyens suisses voteront sur plusieurs durcissements de la loi sur le service civil. Ceux-ci ont été adoptés par le Parlement à l’automne dernier, mais une large alliance politique a lancé avec succès un référendum contre cette décision. Le comité de la Conférence Mennonite Suisse recommande de rejeter ces durcissements afin d’éviter une restriction de la liberté de conscience.
Le Parlement suisse souhaite rendre l’accès au service civil plus difficile. C’est pourquoi il a adopté, à l’automne dernier, six mesures visant à durcir la loi sur le service civil (voir encadré). Elles doivent entraîner une diminution du nombre de civilistes, ce qui devrait finalement profiter à l’armée et au maintien de ses effectifs. Contre ces mesures, l’Association suisse du service civil CIVIVA a lancé un référendum avec une large alliance politique. Celui-ci a abouti en janvier, permettant ainsi au peuple suisse de se prononcer sur ces durcissements le 14 juin. Le comité de la Conférence Mennonite Suisse (CMS) recommande de rejeter ces mesures.
La liberté de conscience comme argument central
Alors que le comité référendaire met surtout en avant les conséquences pour les EMS, les hôpitaux ou la protection de la nature si le nombre de civilistes diminue, la CMS considère avant tout la restriction de la liberté de conscience comme un argument pour refuser ces durcissements : « La tradition anabaptiste-mennonite considère qu’il est essentiel que les jeunes puissent prendre leurs décisions dans tous les domaines de la vie selon leur propre conscience. Cette liberté est restreinte par ces durcissements », explique Jürg Bräker, secrétaire général de la CMS. Les conséquences sociales doivent certes aussi être prises en compte, mais selon lui, le service civil n’a pas été créé avant tout comme un soutien à la société, mais comme une alternative pour les personnes qui ne peuvent pas concilier un service militaire avec leur conscience. « Pour les mennonites, en tant qu’Église historique de paix, le service civil représente aussi une politique de sécurité qui ne repose pas sur la violence, mais sur la paix. »
Maintenir le dialogue malgré des avis différents
Même si la paix est une préoccupation centrale du mouvement anabaptiste-mennonite, selon Jürg Bräker, tous les mennonites suisses n’effectuent pas automatiquement un service civil. « Même sur cette question, la diversité des opinions est grande. J’espère d’autant plus que les communautés prendront le temps de réfléchir à la votation et à ses conséquences », dit-il. Selon lui, cela pourrait aussi être un bon exercice pour apprendre à échanger paisiblement malgré des opinions différentes.
L’issue de la votation reste actuellement ouverte. Dans un sondage réalisé par GFS pour le compte de la SSR environ deux mois avant la votation, 52 pour cent des personnes interrogées se sont prononcées en faveur des durcissements. D’autres sondages laissent toutefois entrevoir une situation très serrée.
Texte :
Simon Rindlisbacher
Photo :
Bundesamt für Zivildienst ZIVI










